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À seulement 19 ans, Paul Seixas a marqué les Championnats du monde de cyclisme 2025 à Kigali par une performance d’une maturité stupéfiante. Premier Français à franchir la ligne de la course en ligne élite, le Lyonnais termine 13e d’une épreuve impitoyable, confirmant son statut de joyau de la génération montante. Dans un peloton décimé par un circuit africain de 267,5 km, avec 5 475 m de dénivelé et des pavés traîtres, Seixas a su allier sacrifice collectif et panache personnel. Retour sur un Mondial qui propulse le coureur de Decathlon-AG2R La Mondiale vers les sommets.
Un triptyque exigeant : du chrono au relais, en passant par l’altitude
Arrivé au Rwanda avec l’ambition de « découvrir en accéléré » le haut niveau, comme l’explique le sélectionneur Thomas Voeckler, Seixas n’a pas ménagé sa peine. Dès le 21 septembre, il attaque par le contre-la-montre individuel élite, sa spécialité. Mais la chaleur humide et l’altitude (1 600 m) le submergent : 16e place, une « bonne claque » qu’il avoue avoir subie, affecté par des variations cardiaques erratiques. « J’ai été nul, je n’arrivais pas à faire des efforts« , confie-t-il, lucide mais exigeant envers lui-même.
Une déception qui forge le mental.
Le 24 septembre, jour de ses 19 ans, arrive le relais mixte par équipes. Avec Bruno Armirail, Pavel Sivakov, Cédrine Kerbaol, Juliette Labous et Maëva Squiban, Seixas s’offre un somptueux cadeau : l’argent ! À un souffle de l’or, devancés par les Pays-Bas, les Bleus réalisent un chrono impressionnant. « Cette médaille fait vraiment plaisir », jubile le jeune grimpeur, qui a souffert sur les pavés de Kimihurura mais tenu bon, devenant le plus jeune médaillé français de l’histoire en chrono seniors.
Paul Seixas : Une course en ligne héroïque : 13e et premier Bleu
Le clou du spectacle, ce dimanche 28 septembre : la course en ligne. Sur un parcours infernal – sept tours vallonnés incluant le Mont Kigali (5,9 km à 6,9 %) et le Mur de Kigali (400 m à 11 % sur pavés) –, Seixas déploie une énergie folle au service de l’équipe. Il roule pour Sivakov dans la côte de Kimihurura, tire le groupe français dans le final et résiste aux attaques de Pogačar. Seul Julian Alaphilippe abandonne, malade ; les autres Bleus (Sivakov, Bernard, Paret-Peintre) craquent. Seixas, lui, boucle les 6h30 de course en 13e position, à 9’07 » du Slovène vainqueur. »J’ai rarement atteint un stade de souffrance comme ça dans ma vie« , lâche-t-il, épuisé mais radieux.
Un avenir radieux pour le « nouveau Hinault » ?
Né en 2006 à Lyon, Seixas a explosé chez les juniors : champion du monde du chrono à Zurich en 2024, premier Français depuis 2011. Passé pro directement en 2025 chez Decathlon, il enchaîne les exploits : 3e du championnat de France chrono, top 10 au Tour de l’Avenir. Préparé en altitude aux Arcs pour simuler Kigali, il allie grimpe de puncheur et mental d’acier.Voeckler le voit comme un « maillon essentiel », entouré de jeunes talents comme Paret-Peintre ou Jegat.
Ces Mondiaux rwandais, premiers en Afrique, marquent l’émergence d’un champion. Avec une médaille, un top 15 élite et une résilience à toute épreuve, Seixas n’est pas qu’une promesse : il est l’avenir du cyclisme français. À 19 ans, le voilà prêt à défier les géants.
