Dans une 4e étape de Paris-Nice marquée par la pluie, le vent, les chutes et les bordures, Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) a signé un numéro impressionnant. Le Danois s’est imposé en solitaire au sommet d’Uchon au terme de 195 km d’une étape d’usure, et récupère au passage le maillot jaune. Derrière lui, les Français ont montré un très beau visage, avec Kévin Vauquelin, Lenny Martinez et David Gaudu à l’honneur dans une journée aussi brutale qu’indécise.
Une étape nerveuse dès les premiers kilomètres
À peine le départ donné depuis Bourges, le peloton s’est retrouvé mis sous pression par les conditions météo. Le vent du sud, particulièrement fort, a provoqué de nombreuses bordures et rapidement scindé la course en plusieurs groupes.
Dans le premier échelon, une quarantaine de coureurs ont réussi à se placer, parmi lesquels Juan Ayuso, Jonas Vingegaard, Daniel Felipe Martínez et David Gaudu. En revanche, Kévin Vauquelin, pourtant 2e du général à seulement deux secondes, s’est retrouvé piégé plus loin, dans un troisième groupe relégué à plus d’une minute. Lenny Martinez, lui aussi, a été distancé assez tôt.
Malgré ce départ compliqué, les Français n’ont jamais cessé de se battre.
La pluie et les chutes transforment la course en enfer
Les conditions n’ont cessé de se dégrader au fil des kilomètres. Sous une pluie continue, avec des températures proches des 10°C et une chaussée très glissante, la course a pris une tournure de véritable calvaire.
Aucune échappée n’a réellement pu se développer : les coureurs étaient surtout occupés à tenir debout et à survivre dans un peloton en tension permanente.
Le tournant de l’étape est survenu à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée. Une lourde chute en descente a frappé le groupe de tête et bouleversé totalement la hiérarchie de la course. Juan Ayuso a été contraint à l’abandon après avoir lourdement touché le bitume, tout comme Brandon McNulty et plusieurs autres coureurs.
À l’avant, il ne restait plus qu’un petit groupe de sept éléments, dominé par Red Bull – BORA – hansgrohe avec Daniel Felipe Martínez, Tim van Dijke et Mick van Dijke, aux côtés de Vingegaard.
Les Français s’organisent derrière
Pendant ce temps, dans le groupe de poursuite, les Français ont fait preuve d’une belle solidarité. Kévin Vauquelin a pris les choses en main, épaulé par Lenny Martinez et David Gaudu. Ensemble, ils ont tenté de limiter les écarts en collaborant avec quelques autres poursuivants.
Leur effort a permis de réduire progressivement l’écart, passé de près de trois minutes à moins de deux minutes sur les premières ascensions. Gaudu a couru avec intelligence, en restant régulier, tandis que Martinez a multiplié les relais malgré la difficulté.
Vauquelin, lui, a impressionné par sa capacité à s’accrocher puis à repartir de l’avant.
Vingegaard fait parler sa classe dans l’ascension finale
Dans les dernières difficultés, la sélection est devenue encore plus sévère. Sur la Côte de la Croix des Cerisiers, puis sur la Côte de la Croix de la Libération, le rythme imposé par Red Bull – BORA – hansgrohe a usé les organismes.
À l’approche du Signal d’Uchon — une montée finale de 8 km à 4,5 %, avec des passages à 16 % — l’écart entre les leaders et les poursuivants avait été réduit à environ 1 minute 10.
Mais dans le final, Jonas Vingegaard a été le plus fort. À un kilomètre du sommet, le Danois a placé une attaque tranchante à laquelle personne n’a pu répondre. Il s’impose en solitaire en 4h16’12”, avec autorité.
Derrière lui, Daniel Felipe Martínez prend la 2e place à 41 secondes, devant Tim van Dijke, 3e à 45 secondes.
Les Français à l’honneur malgré tout
Même s’ils n’ont pas pu jouer la victoire, les Français ont livré une prestation solide et encourageante.
Kévin Vauquelin termine 6e à 3’38”, après une journée passée à chasser.
Lenny Martinez prend la 7e place à 4’02”, confirmant son potentiel dans les étapes difficiles.
David Gaudu, toujours appliqué, se classe 8e à 4’20”.
Matteo Vercher a lui aussi bien limité les dégâts en accrochant le top 15.
Dans une étape aussi chaotique, ces résultats témoignent d’une vraie résistance collective côté français.
Classement de l’étape
- Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) — 4h16’12”
- Daniel Felipe Martínez (Red Bull – BORA – hansgrohe) — à 41”
- Tim van Dijke (Red Bull – BORA – hansgrohe) — à 45”
- Mick van Dijke (Red Bull – BORA – hansgrohe) — à 1’42”
- Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost) — à environ 2’54”
- Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) — à 3’38”
- Lenny Martinez (Bahrain Victorious) — à 4’02”
- David Gaudu (Groupama-FDJ) — à 4’20”
Un général relancé
Avec cette victoire, Jonas Vingegaard prend la tête du classement général et marque déjà fortement cette édition 2026 de Paris-Nice. Derrière lui, Daniel Felipe Martínez et Tim van Dijke complètent provisoirement le podium.
Les Français, eux, restent en embuscade. Si l’écart s’est creusé, leur comportement dans cette étape laisse entrevoir de belles possibilités pour la suite, notamment sur les profils plus accidentés.
Les Bleus peuvent encore y croire
Cette 4e étape restera comme l’une des plus éprouvantes de cette édition. Entre les bordures, les chutes, la pluie et les écarts, elle a mis les organismes et les nerfs à rude épreuve.
Dans ce contexte, Kévin Vauquelin a confirmé qu’il avait franchi un cap, David Gaudu a montré qu’il restait une valeur sûre en montagne, et Lenny Martinez a encore démontré qu’il faisait partie des jeunes Français à suivre de très près.
La 5e étape entre Cormoranche-sur-Saône et Colombier-le-Vieux (206,5 km) pourrait offrir un nouveau terrain favorable aux puncheurs et grimpeurs. Dans une Course au Soleil qui ressemble déjà à une guerre d’usure, les Français n’ont sans doute pas dit leur dernier mot.