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Dans le sud de la France, sous un soleil ardéchois implacable, les Championnats d’Europe de cyclisme sur route 2025 ont offert un spectacle inoubliable ce dimanche 5 octobre. À Guilherand-Granges, théâtre d’une course en ligne élites hommes de 178 kilomètres, Tadej Pogacar a régné en maître absolu, s’adjugeant l’or avec une échappée solitaire de 75 kilomètres. Mais au-delà de la domination slovène, c’est la performance éblouissante de Paul Seixas, jeune prodige français de 19 ans, qui a captivé le public. À seulement 19 ans et 11 jours, le coureur de l’équipe Décathlon AG2R La Mondiale a arraché la médaille de bronze, marquant l’histoire comme le plus jeune participant à une telle épreuve continentale.
Un parcours taillé pour les grimpeurs, un scénario digne d’un film
Le circuit ardéchois, avec ses bosses successives et ses ascensions mythiques comme le Val d’Enfer, promettait du combat. Dès le départ, le peloton, composé de 150 coureurs, s’est animé sous l’impulsion des favoris : le champion du monde en titre Tadej Pogacar (Slovénie), Remco Evenepoel (Belgique) et Jonas Vingegaard (Danemark). Les Français, emmenés par le sélectionneur Thomas Voeckler, misaient sur une stratégie collective pour surprendre. Romain Grégoire, puncheur lyonnais, et le néo-pro Paul Seixas incarnaient les espoirs tricolores.
La course a basculé à 75 kilomètres de l’arrivée, dans la longue montée de Saint-Romain-de-Lerps. Pogacar, impérial, a lancé une accélération fulgurante qui a pulvérisé le peloton. Seul Evenepoel a tenté de suivre, mais le Slovène a vite creusé l’écart, filant vers un solo légendaire. Derrière, un groupe de poursuite s’est formé avec Evenepoel, rejoint par un trio improbable : le Français Paul Seixas, l’Italien Cristian Scaroni et l’Espagnol Juan Ayuso. À 19 ans, pour sa première saison pro, Seixas osait défier les cadors. « C’était maintenant ou jamais », confiera-t-il plus tard, les yeux brillants.
À 38 kilomètres du but, Evenepoel a contre-attaqué au sommet du Val d’Enfer, distançant ses compagnons d’échappée pour filer vers l’argent. Le suspense s’est alors cristallisé sur la bagarre pour le bronze. Seixas, Ayuso et Scaroni, à plus d’une minute d’Evenepoel, se regardaient en chiens de faïence. Le Français, réputé pour sa précocité et son punch, savait que le sprint final ne lui convenait pas. « Je ne suis pas le plus rapide au finish, alors j’ai décidé d’attaquer« , expliquera-t-il.
La bataille héroïque pour le bronze : Seixas, le roi du Val d’Enfer
Le dénouement s’est joué dans le dernier passage au Val d’Enfer, une ascension courte mais brutale de 1,5 km à 8% de pente moyenne. Ayuso, favori au sprint, a craqué en premier après une première offensive de Seixas. Restait l’Italien Scaroni, tenace comme un grimpeur des Dolomites. Le duo s’est affronté dans un duel acharné : Seixas a multiplié les accélérations, quatre au total dans les cinq derniers kilomètres. À chaque relance, la foule ardéchoise hurlait son nom, transformant la montée en un mur de décibels.
« Dans la montée, j’ai cru que j’allais devenir fou tellement les gens criaient. C’était vraiment la folie, je n’ai jamais vécu un truc comme ça« , a déclaré Seixas à l’arrivée, encore essoufflé. Scaroni a résisté, accroché comme un sparadrap, mais la détermination du Français a fini par payer. À 2 kilomètres du sommet, la quatrième attaque a fait sauter le verrou. Seixas a creusé l’écart, descendant seul vers l’arrivée pour sceller sa médaille. Il franchit la ligne en troisième position, à 3 minutes et 41 secondes de Pogacar, devant un public en transe.
Le podium, sur la troisième marche, a vu un Seixas radieux, tout sourire, acclamé aux côtés du Slovène et du Belge. Evenepoel, déçu de son argent, a serré la main du jeune Français avec respect. « Paul, c’est un phénomène. À son âge, il roule déjà avec nous », lâchera le Flamand en zone mixte.
Réactions : un continent sous le charme, la France en liesse
La nouvelle a enflammé les réseaux et les plateaux télé. « Phénoménal Paul Seixas ! Un prodige qui offre le bronze aux Bleus« , titre La Dépêche. Eurosport parle d’un « héroïque Seixas » qui « impressionne le monde du vélo ». Sur X (ex-Twitter), #PaulSeixas explose, avec des messages comme « À 19 ans, il fait plier Scaroni ! Vive la France« . Même Pogacar, en interview, a salué : « Paul est incroyable. Il sera champion un jour. »
Pour la France, ce bronze est une bouffée d’oxygène après des années sans médaille continentale en élites hommes. Avec les Mondiaux au Rwanda dans deux semaines, Seixas portera les espoirs tricolores. « Ce n’est que le début », promet-il, le bronze autour du cou.
En somme, cette édition 2025 des Europe restera gravée comme celle de Pogacar le conquérant et de Seixas le révélateur. À 19 ans, le Lyonnais n’est plus une promesse : il est une réalité. Le cyclisme français exulte, et l’Europe du vélo tremble déjà pour l’avenir.