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Le 5 décembre 2025, au Pavillon Gabriel à Paris, Tadej Pogačar a été couronné Vélo d’Or 2025 lors de la prestigieuse cérémonie organisée par le magazine Vélo. Cette distinction suprême, décernée par un jury de 40 journalistes de 25 pays, récompense le Slovène de 27 ans comme le meilleur coureur de la saison. Absent de la soirée en raison d’un virus, Pogačar n’a pas manqué l’occasion de briller : il remporte également le trophée Eddy Merckx du meilleur coureur de classiques pour la deuxième année consécutive. Avec 20 victoires en 2025, dont un quatrième Tour de France, un deuxième titre consécutif de champion du monde et trois Monuments supplémentaires, il égale Chris Froome avec trois Vélo d’Or et se rapproche du record d’Alberto Contador (quatre).
Tadej Pogačar : 2025, une saison de tous les records
Cette saison marque l’apogée d’une domination qui défie les annales. Dès janvier, Pogačar s’impose sur l’UAE Tour, confirmant sa forme hivernale. En mars, il enchaîne les exploits : victoire sur les Strade Bianche, puis un Tour des Flandres historique où il devance Mathieu van der Poel. À Paris-Roubaix, pour sa première participation, il termine deuxième derrière le Néerlandais, après une course éreintante sur les pavés. Ces performances font de lui le premier coureur à monter sur le podium des cinq Monuments en une seule saison – un exploit inédit depuis la création de ces classiques.
Le printemps se poursuit avec une Flèche Wallonne remportée au sommet du Mur de Huy, prouvant sa polyvalence en Ardennes. En mai, il ajoute Liège-Bastogne-Liège à son palmarès, sa troisième « Doyenne ». Puis, en juin, il conquiert le Critérium du Dauphiné, répétition générale parfaite avant le Tour. Sur la Grande Boucle, Pogačar écrase la concurrence : il remporte cinq étapes, dont deux en montagne et un contre-la-montre, pour s’imposer avec 4 minutes 24 secondes d’avance sur Jonas Vingegaard. Ce quatrième maillot jaune, après 2020, 2021, 2024 et 2025, le place à deux longueurs du record d’Anquetil, Merckx, Hinault et Induráin.
L’été se teinte d’arc-en-ciel avec un deuxième titre européen sur route, suivi d’un Championnat du monde triomphal à Kigali, au Rwanda. Dans une course tactique, Pogačar s’échappe à 50 km de l’arrivée et résiste seul pour devancer Remco Evenepoel. Il boucle l’année en octobre avec un cinquième Tour de Lombardie consécutif (de 2021 à 2025), un record absolu pour la « Classique des feuilles mortes ». Ces 20 succès un record pour l’année incluent aussi des podiums comme la troisième place à Milan-Sanremo et la Via Roma du Tour d’Italie, qu’il a choisi de zapper pour préserver son pic de forme.

Pogacar a fait une année 2025 historique
Au-delà des chiffres, ce Vélo d’Or 2025 consacre une maturité tactique exemplaire. Moins impulsif qu’au début de sa carrière, Pogačar gère désormais ses efforts avec une précision chirurgicale, soutenu par une UAE Team Emirates-XRG renforcée (João Almeida, Adam Yates, Pavel Sivakov). Son équipe, dirigée par Mauro Gianetti, a su anticiper les défis, comme la rivalité intense avec Vingegaard et van der Poel. Marc Madiot, manager de Groupama-FDJ, a salué son « sens de l’histoire du cyclisme », le comparant à Merckx pour sa capacité à gagner sur tous les terrains.
Les débats ne manquent pas : certains voient en lui le « Cannibale 2.0 », d’autres tempèrent face à l’évolution du sport, avec des calendriers plus denses et une concurrence globale accrue. Pourtant, les faits parlent : en deux ans (2024-2025), il a enchaîné Giro, deux Tours, deux Mondiaux, et une moisson de Monuments inégalée. À 27 ans, son palmarès frôle déjà la légende – 10 Monuments, dont deux Flandres, trois Lièges et cinq Lombardies. Côté féminin, c’est la française Pauline Ferrand-Prévot qui a remporté le trophée.
Ce troisième Vélo d’Or n’est pas qu’une récompense : il propulse Pogačar vers 2026, avec l’ambition d’égaler les cinq Tours et de conquérir Milan-Sanremo et Paris-Roubaix, ses deux derniers monuments manquants. Comme l’a déclaré son agent Aleksej Hauptman : « Tadej aime les défis, il essaiera encore et encore. » Le cyclisme tremble déjà à l’idée de ce qui l’attend. Une ère Pogačar ? Elle est bel et bien entamée, et elle pourrait durer longtemps.
