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Le Tour de France 2025 bat son plein, et la lutte pour le maillot vert, récompensant le meilleur sprinteur de la Grande Boucle, s’intensifie. Lors de la 7e étape, marquée par la victoire de Tadej Pogačar au sommet de Mûr-de-Bretagne, le Slovène a non seulement repris le maillot jaune, mais aussi consolidé sa position dans le classement par points, au grand dam des sprinteurs traditionnels. Parmi eux, Biniam Girmay, vainqueur du maillot vert en 2024, s’est exprimé avec lucidité et ambition après cette étape décisive. Voici une analyse de ses propos et de la dynamique actuelle dans la course au maillot vert.
Les déclarations de Biniam Girmay : un mélange de réalisme et d’espoir
À l’issue de la 7e étape, Biniam Girmay, coureur érythréen de l’équipe Intermarché-Wanty, n’a pas caché son inquiétude face à la domination de Tadej Pogačar. Dans une déclaration relayée par Le Gruppetto sur X, il a commenté :
« Tadej Pogačar a gagné, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle car il a pris 50 points. C’est comme ça, demain sera une belle opportunité. (Pogačar est-il favori pour le maillot vert ?) Je pense, oui. »
Ces mots reflètent à la fois le respect de Girmay pour le talent exceptionnel de Pogačar et sa détermination à ne pas baisser les bras. Avec 50 points attribués au vainqueur de l’étape de Mûr-de-Bretagne, une arrivée taillée pour les puncheurs, Pogačar a creusé l’écart au classement par points. Selon les dernières informations, après cette étape, le Slovène totalise 156 points, devançant Jonathan Milan (122 points) et Biniam Girmay (111 points), avec Mathieu van der Poel en embuscade à 108 points. Cette avance place Pogačar en tête, même si le maillot vert devrait revenir à un sprinteur comme Milan lors des prochaines étapes plates, notamment celles de Laval et Châteauroux, prévues les 12 et 13 juillet.
Un barème favorable aux puncheurs : un défi pour les sprinteurs
Le Tour de France 2025 se distingue par un barème de points qui redistribue les cartes dans la course au maillot vert. Contrairement aux éditions précédentes, où les étapes plates rapportaient l’essentiel des points, cette année, les arrivées accidentées, comme celles de Boulogne-sur-Mer, Rouen ou Mûr-de-Bretagne, offrent également 50 points au vainqueur. Les étapes vallonnées, comme celle du Mont Ventoux, attribuent quant à elles 30 points, soit l’équivalent d’une deuxième place dans une étape de sprint massif. Ce système avantage clairement les coureurs complets, capables de briller sur des terrains variés, à l’image de Pogačar ou de Mathieu van der Poel.
Biniam Girmay, sprinteur léger mais polyvalent, avait su tirer parti de ce type de parcours en 2024 pour remporter trois étapes et le maillot vert, devenant ainsi le premier coureur africain à décrocher un maillot distinctif sur le Tour. Cependant, son début de saison 2025 a été plus discret, avec plusieurs places d’honneur mais aucune victoire. Face à un Pogačar en mode « cannibale », qui accumule les points sans même viser explicitement le classement par points, Girmay sait que la tâche sera ardue. Comme il l’a souligné, la 8e étape, entre Saint-Méen-le-Grand et Laval, offre une opportunité aux sprinteurs de reprendre du terrain, avec un parcours plus plat, propice à une arrivée massive.
Une opportunité à saisir pour Girmay
Comme l’a souligné Girmay, la 8e étape du Tour, entre Saint-Méen-le-Grand et Laval, représente une chance en or pour les sprinteurs. Avec un profil plat, cette étape pourrait permettre à Girmay, Milan ou Merlier de glaner 50 points et de réduire l’écart avec Pogačar. La 9e étape, entre Chinon et Châteauroux, offre une autre opportunité similaire. Pour Girmay, la clé sera de maximiser ses performances dans ces sprints massifs tout en limitant les pertes sur les étapes vallonnées, où Pogačar et van der Poel pourraient continuer à accumuler des points.
Un symbole pour l’Afrique et le cyclisme
Au-delà de la compétition, Biniam Girmay incarne un symbole fort pour le cyclisme africain. En 2024, il est entré dans l’histoire en devenant le premier coureur noir africain à remporter une étape et un maillot distinctif sur le Tour de France. Ses performances inspirent tout un continent, où le cyclisme gagne en popularité, comme en témoigne l’organisation des championnats du monde à Kigali (Rwanda) en 2025. Girmay, avec son humilité et sa détermination, continue de porter haut les couleurs de l’Érythrée, rêvant même de revêtir le maillot jaune, un objectif qu’il a exprimé avant le départ à Lille.
